Mon premier design de jardin : la friche rue Ampère à Bourges

Mai 15, 2013 | Jardinage, Non classé

L’objet de mon Association “Fais-le” était de fournir un local artisanal à ses adhérents, un lieu pour mutualiser outils, savoir-faire, énergie humaine. Entant qu’ingénieur je me suis penché sur les technologies “low-tec” pour travailler mon autonomie matérielle et énergétique.

En analysant mon autonomie je me suis aperçu que la première à développer c’est l’autonomie alimentaire. En 2009 j’ai donc commencé à me pencher sur l’agriculture et le sol vivant. Je me suis donc formé en épluchant une à une les conférences et ouvrages de Claude et Lydia Bourguignon, Maurice Chaudière, Jean-Marie Pelt, Philippe Desbrosses… et un certain Masanobu Fukuoka.

…Ce fût mon point de rencontre avec la permaculture…

La théorie ça ouvre l’appétit ! J’avais très envie de plonger mes mains dans la terre. J’ai donc commencé par entretenir des jardinières et des petites plate-bandes autour de l’atelier. Très rapidement j’ai eu envie d’expérimenter à plus grande échelle. Je me suis donc intéressé à la friche qui se trouvait derrière notre atelier.

Après en avoir touché quelques mots à la propriétaire je me suis proposé d’entretenir ce terrain bénévolement, mais à ma façon. Elle a accepté.

Description du terrain :

C’était une ancienne friche industrielle de 500 m² sans relief, enclavée entre l’enceinte en tôle de notre atelier, des pavillons, des garages, le grand mur d’enceinte d’un parc privé boisé à l’abandon et un terrain vague servant de parking poids-lourds pour le restaurant routier d’à côté. Quelques fruitiers en plus ou moins bonne santé, mais beaucoup de vestiges : des fondations, des résidus de dalles, énormément de pierres de gravâts de déchets industriels ensevelis. Une qualité de terre très inégale d’un mètre carré à l’autre. En été près de 40 % de ce terrain se trouve à l’ombre d’une épaisse canopée qui se forme au dessus du mur du fond situé au Sud du terrain.

N’aillant quasiment aucun détail sur le passé de ce terrain, le premier travail fût donc de délimiter les zones sur lesquelles il y avait le meilleur potentiel en profondeur de terre. Je devais comprendre ce qui se cachait en dessous de la poussière et de la végétation pionnière.

Il a fallu en tout point sonder le sol pour comprendre où passaient les fondations, mettre à nu les dalles recouvertes de 5 à 10 cm de terre pour épaissir les 20 cm de terre qu’il y avait en d’autres endroit en passant préalablement tout ça au crible pour extraire les gravas de béton d’une part et mettre de coté les pierres. Heureusement une parti avait été remblayé sur 40 cm, on y a trouvé de jeunes fruitiers deux pruniers et deux poiriers malades dont les points de greffe n’avait pas survécu.

 

Pour structurer l’espace là ou il y avait suffisamment de terre zone remblayé, j’ai ameubli à la grelinette et créé des “micro-reliefs” (butes simples, butes morèzes, lasagnes, micro-baissière, talus…) en parallèle j’ai créé avec les pierres mises de coté précédemment, des rocailles qui délimitent les zones de culture en créant des lignes paysagères que les lézards adorent.

Pour amender ce terrain dont le sol étant très faible en Matière Organique, j’ai cherché à apporter beaucoup de carbone en paillant sur une épaisseurs de 20 cm. J’en ai profité pour lancer un compostage lent en dessous du paillage pour les déchets de cuisines et au dessus pour les adventices et la biomasse excédante, pour que la magie opère et que la vie s’y développe.

Pour l’arrosage des cultures, il n’y avait pas d’accès à l’eau sur le terrain. J’ai donc installé une réserve d’eau de pluie alimentée par le toit de l’atelier, bricolé avec des matériaux de récupération : grille métallique, recouverte de bâches, vieux tuyaux d’arrosage et un bidon en plastique de 40 L.

Pour délimiter et arborer cette friche j’y ai planté des boutures de saule osier, des variétés collectées dans les environs quelques autres fruitiers pêcher de vigne franc, quetschier franc, prunier franc…

Au niveau de la végétation j’ai préservé un maximum de variétés qui semblaient se plaire là ou elles poussaient. Pour nettoyer et structurer le sol j’ai planté des pommes de terre dans la paille. J’ai mis en culture quelques planches pour me nourrir : fèves, ail , petits pois, courges, haricots, maïs (en milpa), choux-raves, fraisier, framboisier, mûrier ronces, roquette, salades, carotte, radis rond rouge, noir, des navet. Et pour accompagner tout ça un maximum d’engrais vert et plantes utiles en mélange : phacélie, nigelle, vesse, trèfle, moutarde, achillée mille feuilles, consoude, orties, capucines, tanaisie, bouillon blanc, bourrache, amarantes, aromatiques…

Le but de ce design était de faire de ce bout de terrain vague un petit jardin de quartier accessible à tous pour y amorcer une initiative type “incroyable comestible” car il n’y avait ni clôture, ni barrières, le jardin était complètement ouvert sur la voie publique entre le quartier le plus populaire de Bourges, la gare, le dépôt du secoure populaire et la banque alimentaire. Il me semblait avoir sa vocation.

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